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«Une fausse vérité peut-elle changer le monde?» Épisode 7: Manéli Farahmand, Mischa Piraud et Sybille Rouiller

Manéli Farahmand, Mischa Piraud, Sybille Rouiller – «QAnon et New Age sur le cyberterrain helvétique»

En traversant l’Atlantique et en se propageant en Europe (et en Suisse romande), la théorie du complot connue sous le nom de QAnon a changé de couleur. Liée aux courants évangélique et à la droite radicale américaine, elle prend sous nos latitudes le nuancier pastel des nouvelles spiritualités et des milieux new age. Dans le cadre du Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC), Manéli Farahmand (directrice du centre), Mischa Piraud et Sybille Rouiller (chargé-e de recherche) ont analysé la réception helvétique des thèses QAnon à partir d’une approche cyberethnographique, présentée dans un working paper pré-publié en 2020 (à lire ici).

Une fausse vérité peut-elle changer le monde? / Can a fake truth change the world?

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Jamais, sans doute, n’aura-t-on autant parlé de désinformation, de fake news, de conspirations et de manipulations algorithmiques qu’au cours des cinq années allant de la première campagne présidentielle de Donald Trump à l’explosion de la pandémie Covid-19.

Le potentiel disruptif attribué à ces phénomènes est virtuellement illimité. La désinformation à l’ère des plateformes numériques semble non seulement pouvoir déclencher des actes de violence, infléchir des résultats électoraux et compromettre les mesures sanitaires face à la pandémie, mais également ébranler la confiance publique à l’égard de différentes formes d’autorité, perturber les équilibres géostratégiques, balayer toute référence partagée à des vérités factuelles et, finalement, abolir la notion même de réalité.

Il n’est pas aisé d’évaluer s’il s’agit là d’un emballement de l’opinion face à des faits jusque-là moins médiatisés, d’un changement d’échelle amplifiant des phénomènes déjà existants, ou d’une réalité radicalement nouvelle, porteuse de véritables ruptures.

Face à cette impression d’une pandémie informationnelle dont les résonances dans l’environnement sociétal semblent inédites, quels éclairages apportent les études numériques en sciences humaines et sociales? Comment ces approches se conjuguent-elles à d’autres (celles du data journalisme, des sciences cognitives, de l’enquête socio-anthropologique de terrain, de la mise en perspective historique…) pour prendre la mesure de ces phénomènes, identifier leurs ressorts et proposer des manières de s’y confronter?

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